vendredi 30 janvier 2026

Texte : Qui est Alex?

 (1025 mots)

Enfin, tu l'as découvert.

Je me doutais bien que tu irais jouer du côté de mon compte de messagerie. C'était trop tentant, n'est-ce pas ? Ma boîte de réception laissée ouverte par mégarde. Si alléchante et remplie de mes secrets, mes mots, mes pensées.

Et toi, toujours aussi avide de me posséder toute entière, de corps et d'esprit.

Qui est Alex ? Voilà, nous y sommes. J'étais certaine que tu échouerais à cet ultime test de confiance. À présent, il ne me reste plus qu'à laisser couler mes aveux.

Alex et moi... Nous sommes ensemble.

Voilà, c'est dit. Maintenant, baisser la tête. Juste un peu. La conserver assez haute pour que tu sentes ma résolution malgré le sentiment de culpabilité qui me submerge.

Quoi, tu pleures ? Allons, un peu de nerfs, sois un homme, reprends-toi !

Si seulement tu pouvais comprendre mes motivations. À quoi bon essayer de t'expliquer ? Quand bien même j'y passerais toute une vie, ce serait une perte de temps et d'énergie.

Je te l'accorde : je suis difficile à suivre. Après tout, lorsque tu as posé ton genou à terre, j'ai dit oui. Et maintenant, à neuf jours de notre mariage, tu apprends que je te trompe. Je me mets à ta place, ce doit être terrible.

Ça t'aiderait si je m'excusais ?

Je suis vraiment désolée, Stéphane. Ce n'est pas toi, c'est moi. Depuis que j'ai rencontré Alex, plus rien n'est pareil.

Que dire d'autre ? Peu importe ce que je ferai, tu arboreras cet air de chien battu. Pourquoi crois-tu donc que j'aie dû en arriver à cette extrémité ? Si je ne t'avais pas trompé, tu n'aurais jamais accepté de rompre. Toujours prêt à dialoguer, à argumenter. Je ne t'ai jamais demandé d'être aussi compréhensif. Je voulais un homme, un vrai !

Toi, tu t'effondres. Tu te ratatines. Vais-je devoir te consoler en plus ?

Oui, je sais, nos beaux projets tombent à l'eau. C'est là l'un des nombreux problèmes de notre relation. Avec toi, tout n'est que projet. D'avenir, de famille parfaite. Et maintenant, ton château de cartes s'écroule et tu ignores comment réagir.

Crois-tu que je n'aie pas déjà songé aux conséquences ? Tu t'en remettras. Nos familles aussi. Pour ce qui est des dépenses encourues pour la noce, ce n'est que de l'argent. Il y a tellement plus en jeu en cet instant.

Qui est Alex ?

Ce ne sont pas de tes affaires, Stéphane. Je t'ai trompé, c'est tout.

J'aurais aimé paraître ferme et décidée, mais ma langue s'emmêle, je bredouille.

Je t'en prie, permets-moi te quitter en beauté. Je te promets que ce sera mieux après. Tu pourras te trouver une gentille femme, prête à te supporter.

Pourquoi donc t'ai-je dit oui ? L'union officielle devant le curé, la robe de taffetas, les vœux solennels... Cette idée me semblait si séduisante au début ! Puis il y a eu toutes ces démarches. Les traditions, les obligations. Me sentir forcée de plaire à tout le monde, d'être parfaite. T'imaginer à mes côtés jusqu'à la fin de mes jours. À ce point acquise que tu n'aurais plus à faire attention. Voir tes cheveux tomber un à un, ton crâne devenir aussi chauve et luisant que celui de ton père. Tes rides, ton dentier, ta canne.

À partir du moment où l'on se rend compte qu'on ne se voit pas vieillir aux côtés de l'être aimé, que nous reste-t-il ? Dès le départ, nous n'avions aucune chance.

Tu veux savoir qui est Alex ? Mon alter ego, mon idéal. Quelqu'un qui respecte mon intimité et attend que je sois prête à recevoir ses attentions. Qui ne me bouscule jamais. Ne me demande pas de devenir différente. M'accepte telle que je suis.

Et ses mots. Tu as lu tous ses messages, n'est-ce pas ? Je te connais. Une fois ta curiosité lancée, tu es insatiable.

As-tu aimé les tournures de phrases d'Alex ? Sa façon de me faire l'amour avec de simples mots, des mots que j'aurais voulu entendre sortir de ta bouche, tout en sachant que tu en étais incapable ?

Stéphane, c'est fini. Restons-en là et quittons-nous en bons termes.

Est-ce que j'aime Alex ? Question embêtante. Quelle importance ? Alex représente en quelque sorte ma porte de sortie. Le moyen que j'ai trouvé pour que tu me laisses te quitter.

Que se passera-t-il ensuite ? Je l'ignore. Je ne suis pas comme toi. Ma voie n'a pas besoin d'être toute tracée à l'avance pour que je sois heureuse.

***

Tous ces délais pour te dénicher un appartement. Ces silences interminables en attendant ton départ définitif. Ces journées à s'éviter, à se croiser, tête baissée.

Je commençais à croire que tu ne partirais jamais.

Enfin, le partage des biens. Ceci t'appartient, cela est à moi. Nous nous en sortons bien je trouve, même si tu gardes les dents serrées. Il faut en passer par là, je suppose. Vas-y, déteste-moi. Tu guériras plus vite.

Tu crois que de te voir sortir en claquant la porte va m'impressionner ? Bon débarras. Me voilà enfin seule. Prête à aller rejoindre Alex.

Allumer l'ordinateur. Aller dans ma boîte de réception. Me déconnecter de mon compte personnel.

Tu aurais bien aimé savoir qui est Alex, n'est-ce pas ? Eh bien ! Rien d'autre que mon sauf-conduit vers la liberté, mon cher Stéphane. Une chance que tu ne vois pas ce que je m'apprête à faire.

Bon, voilà que j'hésite. Très bien, Stéphane, je m'accorde un dernier temps de réflexion pour penser à nous deux. À ce que tu as représenté pour moi depuis près de trois ans. À cette existence commune sur laquelle je viens de tirer un trait. À quoi bon s'éterniser là-dessus ? Je sais que j'ai fait le bon choix. Un jour, tu finiras par t'en rendre compte aussi.

D'abord, taper l'adresse de messagerie : alexc67213@hotmail.com

Ensuite, entrer le mot de passe : Libertéenfin!

Puis chercher l'option de suppression dans le menu. Un clic et une question s'affiche : « Voulez-vous vraiment supprimer ce compte ? »

Bien sûr. Je n'en aurai plus l'usage à présent. Oui.

Voilà. C'est réglé. Je viens de tuer Alex.

vendredi 23 janvier 2026

Texte : Le don

 (4077 mots)

J'étais une femme ordinaire avant : une maison, deux autos, un conjoint aimant, un chat, un emploi stable et payant.

Je travaillais comme cadre dans une grosse entreprise au centre-ville. Une réunion par-ci, un dîner d'affaires par là, la vie roulait très vite et j'étais toujours très occupée.

Tout cela aurait pu continuer toute ma vie, jusqu'à la retraite du moins. Nous avions tout planifié, mon amoureux et moi : fonds de pension pour chacun, cotisation au maximum dans notre régime enregistré d'épargne retraite, nous allions avoir la belle vie et tout notre temps pour voyager. Pour le moment, pas d'enfants en vue, nous étions bien trop occupés, mais peut-être pourrions-nous en reparler un jour.

C'était la belle vie, non? Je le croyais jusqu'à ce que mon don me tombe dessus, comme ça, sans prévenir. Tout a basculé et plus rien ne sera jamais pareil, quoi qu'il m'arrive à présent. Mais laissez-moi vous raconter.

Un jour, je traversais la grande place, comme à chaque jour, pour aller travailler. Je courais presque, car j'étais attendue pour une réunion importante et j'étais en retard. Il y avait beaucoup de monde et un passant m'a bousculée, me faisant trébucher. J'ai accroché un enfant qui marchait près de moi aux côtés de sa mère. Je l'ai attrapé par le bras d'un geste prévenant, pour lui éviter de tomber, et c'est là que ça s'est produit.

En le touchant, j'ai ressenti une décharge électrique, puis un picotement au bout des doigts. Je l'ai regardé dans les yeux et j'ai immédiatement su ce que je devais faire. Je me suis accroupie et j'ai posé mes deux mains sur son ventre. J'ai fermé les yeux pour mieux voir. Je sais, ça semble étrange comme ça, mais laissez-moi vous expliquer. Quand j'ai fermé les yeux, j'ai vu à l'intérieur du garçon, qui devait avoir environ six ans. Je voyais le mal qui le rongeait et j'ai ordonné mentalement à mes mains de chasser ce mal. Mes paumes sont devenues brûlantes et je les ai retirées.

C'est à ce moment-là que j'ai recouvré mes esprits. La mère du garçon semblait horrifiée et son fils paraissait sous le choc. Il était figé et me regardait fixement. Confuse, mal à l'aise, je me suis excusée à la mère. Je ne comprenais pas ce qui m'avait pris d'agir ainsi. Je me suis enfuie vers mon travail, où je suis bien entendu arrivée en retard.

Le lendemain, l'incident soigneusement classé dans ma mémoire, je suis arrivée sur la grande place, pressée comme toujours. Il y avait un attroupement d'une vingtaine de personnes, ce qui était inhabituel. Curieuse, j'ai ralenti le pas pour tenter de voir de quoi il s'agissait, et j'ai entendu une femme s'écrier : C'est elle! Tous les regards se sont rivés sur moi. Je me suis sentie très mal. Ma première idée était que la femme avait porté plainte et qu'on allait m'arrêter pour avoir porté la main sur son fils.

Je suis une personne timide et réservée en général, et je n'aime pas être le centre d'attraction. Les gens m'ont entourée et ils se sont mis à me toucher les bras et les épaules. Ils parlaient tous en même temps et je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. La mère de l'enfant s'est approchée de moi et les badauds l'ont laissée passer. Elle pleurait et elle a mis un certain temps avant de pouvoir m'expliquer la raison de son trouble. Il semblait qu'après que je l'aie touché, le garçon avait miraculeusement retrouvé la santé. Il était atteint d'une maladie incurable et selon les médecins, il n'en avait plus pour très longtemps à vivre. Ce jour-là, la mère et le garçon se rendaient justement rendre une visite au pédiatre. Il avait eu beau faire passer une multitude de tests au gamin, il n'y avait plus aucune trace de son mal.

Bon, tout cela était bien beau et très intéressant, quoique je doutais d'être pour quoi que ce soit dans cette histoire. J'étais attendue pour une réunion, comme d'habitude, et je ne pouvais rester là à divaguer sur un prétendu miracle. Les gens ont tous tellement insisté pour que je m'occupe d'eux aussi que j'ai promis, à contrecoeur, de revenir avec mon sandwich à midi pile pour passer mon heure de dîner avec eux.

Tout cela m'a trotté dans la tête toute la matinée, je l'avoue, et j'avais tout de même hâte à midi.

Quand je suis arrivée dans le parc, j'ai été surprise d'y voir autant de monde. Ils devaient être au moins une cinquantaine à m'attendre et j'avais envie de tourner les talons et de m'enfuir, mais il était trop tard, ils m'avaient vue.

La mère n'était plus là et je ne reconnaissais aucun visage parmi ces gens. On m'a désigné un banc vide et je me suis assise pour leur faire plaisir.

Ils me fixaient tous comme s'ils s'attendaient à ce que je sorte un lapin d'en dessous de ma jupe. De plus en plus mal à l'aise et me demandant ce qui m'avait pris de me mettre dans cette situation, j'ai regardé autour de moi et j'ai été parcourue d'une sensation bizarre.

J'étais attirée comme un aimant vers un homme d'une quarantaine d'années qui se tenait devant moi. Il avait le teint pâle et gardait une main sur son ventre, comme pour le protéger. Sans un mot, je me suis levée et j'ai posé ma main sur la sienne. J'ai fermé les yeux, et j'ai aussitôt su quoi faire pour l'aider. J'ai retiré sa main de son ventre, posé mes paumes contre ses flans et pressé fortement sur les deux côtés. Après plusieurs secondes, j'ai pu retirer mes mains. Elles avaient été brûlantes un moment, et j'avais attendu qu'elles redeviennent tièdes avant de les enlever. Instinctivement, j'avais trouvé le mode d'emploi. Pour un deuxième essai, vous conviendrez que ce n'était pas mal, tout de même.

J'ai guéri plusieurs personnes ce midi-là, mais pas toutes. Je devais retourner travailler, on m'attendait, et je n'avais même pas dîné.

L'après-midi, j'ai quitté plus tôt le bureau et je suis retournée aider d'autres personnes. C'était comme une drogue, je ne voyais pas le temps passer. C'est le coucher du soleil qui m'a ramenée à l'ordre. Il était très tard et mon conjoint s'était fait un sang d'encre à mon sujet. Je lui ai expliqué la raison de mon retard, mais il était sceptique, évidemment. Je lui ai proposé de venir le lendemain voir sur place ce qu'il en était. C'était parfait, on était samedi.

Le lendemain, il m'a observée guérir tous ces gens. Il me croyait maintenant, et il était tout aussi surpris que moi de la tournure des choses. Il n'a pas protesté quand je lui ai annoncé que j'y retournerais le dimanche. De plus en plus de gens venaient me voir, la plupart pour de petits malaises, mais d'autres pour des troubles plus graves. Je ne pouvais pas les décevoir.

Lorsque je suis revenue, tard encore une fois, il m'a demandé si je comptais rentrer travailler le lundi matin. Bien sûr, lui ai-je répondu.

Je lui mentais autant qu'à moi-même. Je me suis rendue au travail, j'ai annoncé à mon patron que je prenais quelques jours de vacances, puis je suis retournée au parc soigner ceux que je considérais comme mes malades.

Je rentrais de plus en plus tard le soir et de plus en plus épuisée. Mon conjoint avait essayé de me raisonner les premiers jours, sans succès. Il se contentait maintenant de serrer les lèvres quand il me voyait. Je sentais sa désapprobation. Moi-même, je ne me reconnaissais plus. Avant, je menais une petite vie égoïste et axée sur mon petit confort et maintenant, je voulais sauver le monde !

Pour plus de confort et d'intimité avec mes patients, j'avais planté notre tente de camping dans le parc. Je me doutais que c'était contre un quelconque règlement municipal, mais aucun agent n'est venu m'avertir.

Plusieurs jours sont passés avant que mon amoureux ne vienne me rejoindre dans la tente, entre deux patients. J'étais contente qu'il soit là. Un moment, j'ai cru qu'il avait enfin compris ma nouvelle vocation et qu'il venait m'appuyer.

Bien entendu, je me trompais. Il venait m'avertir qu'il me quittait, que nos vies, surtout la mienne, avaient trop changé, que nous étions devenus des étrangers l'un pour l'autre. Il avait raison, bien sûr. Je n'étais plus là pour lui depuis un bon moment et je n'escomptais pas non plus m'arrêter en si bon chemin. Il n'y avait plus rien à dire. J'ai baissé la tête pour qu'il ne me voie pas pleurer et je lui ai dit que j'acceptais la séparation. C'est la dernière fois que je l'ai vu.

Je suis retournée chercher quelques affaires à la maison pendant qu'il était absent. Je n'ai pris que l'essentiel, le reste m'importait peu. Je n'ai même pas réclamé la moitié de la maison. Peut-être un jour aurais-je le temps ou l'envie de le faire, mais pour le moment j'avais une mission à accomplir.

J'ai remis ma démission à mon employeur en invoquant des raisons personnelles. Mon compte de banque se vidait à vue d'œil et j'allais bientôt être à sec. Je ne demandais rien pour mes services, c'était contre mes principes. J'avais déjà entendu dire que lorsqu'un médium tirait profit de son don, il pouvait le perdre à tout jamais. Et ce don était tout ce que j'avais à présent.

Un journaliste a eu vent de ma petite histoire et il y a vu une excellente occasion de publier un bon article. Il m'a approchée un jour, alors que je prenais une pause pour aller m'acheter un hot dog. Je ne me nourrissais plus aussi bien qu'avant, je dois l'avouer, mais je n'avais plus les moyens ni le temps de le faire. Je sais, ça peut sembler nul comme excuse, surtout pour une accro de l'entraînement et de la saine alimentation comme moi, mais j'admets maintenant que j'étais à ce moment de ma vie en pleine dégringolade. Je ne dormais presque plus, je mangeais à peine, je me lavais et nettoyais mes vêtements de temps en temps. Je n'avais plus d'argent et je ne pensais qu'à guérir, guérir, guérir. Je me sentais faible parfois, ce que j'attribuais au manque de sommeil.

Ce journaliste, donc, est venu me voir pour m'interviewer avec son caméraman. Je lui ai donné mon accord pour un entretien rapide, car je n'avais pas le temps, c'était évident! Je devais aller sauver encore plus de gens.

Il m'a posé toutes sortes de questions : le fonctionnement de mon petit commerce, s'il était lucratif, ma vie d'avant, mon mode de vie maintenant, comment marchait mon don...

Je lui ai répondu du mieux que je le pouvais et, si j'en crois la marée de personnes qui sont venues envahir le parc après la publication de cet article, il semblerait que j'aie fait bonne impression. Je regrettais d'ailleurs un peu d'avoir accepté, car je ne voyais vraiment pas par quel miracle j'allais pouvoir soigner tous ces gens en une seule vie.

Cependant, cet interview a été un élément déclencheur important. Depuis que j'exerçais mon nouveau métier, on m'avait offert de l'argent et j'avais toujours refusé. Maintenant que les gens m'avaient vue à la télévision, cernée, fatiguée et sale, on dirait qu'ils ont soudain pris conscience de la précarité de ma situation et du fait que j'avais, moi aussi, besoin d'aide.

Le journaliste m'avait demandé à la fin de notre entretien si j'avais des demandes à formuler, si les gens pouvaient m'offrir quelque chose en compensation. J'avais répondu que j'apprécierais que les gens apportent de l'eau, de la nourriture et des couvertures, car certains malades attendaient pendant des heures et même des jours avant d'arriver à me voir.

Mes désirs ont été entendus et exaucés. Quelle belle générosité! À ce qu'on m'a raconté, les malades que j'avais guéris, de même que des inconnus, apportaient des denrées. Nous nous retrouvions maintenant avec trop de nourriture pour ce que nous pouvions manger.

À ce stade-ci, j'étais dépassée depuis longtemps par les événements. Je ne contrôlais plus rien, je me laissais seulement porter par la vague. Je vivais au jour le jour et je ne saurais vous raconter en détail les divers maux que j'ai soignés, ni vous décrire le visage de tous les gens que j'ai rencontrés. J'étais dans un sale état, mon cerveau était embrumé par la fatigue et j'allais bientôt m'effondrer.

C'est à ce moment que l'aide a commencé à affluer. Des personnes merveilleuses sont entrées dans ma vie et je ne les remercierai jamais assez d'avoir allégé le lourd fardeau qui pesait sur mes épaules.

Pour commencer, il y a eu Rita, une gentille vieille dame qui était venue me voir pour un problème d'arthrite. Je n'ai malheureusement pas réussi à la soigner, ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça, je peux guérir partiellement ou totalement une personne atteinte de sclérose en plaques ou du cancer, mais il y a certains maux contre lesquels je suis impuissante, et j'ai constaté avec le temps que l'arthrite en fait partie.

Je pleurais à chaudes larmes quand j'ai constaté que je ne pouvais rien pour cette pauvre femme. Elle m'a consolée en me serrant contre elle, en m'assurant qu'elle ne m'en voulait pas, que ce n'était pas de ma faute. J'ai pleuré comme un bébé pendant au moins quinze minutes. Quinze minutes, ça représentait environ deux patients, je m'en suis voulu ensuite d'avoir perdu tout ce temps pour moi. C'est assez représentatif de ma folie d'alors, non?

Rita est revenue par la suite, tous les jours, pour m'apporter du sucre à la crème, puis une tarte aux cerises, puis des chaises pour les patients qu'elle avait dénichées dans des ventes de garage. C'était une pauvre veuve sans enfants et elle n'avait rien d'autre à faire, alors elle devint ma première bénévole. Elle lavait mon linge, m'obligeait à manger à heures fixes, mais elle ne réussissait pas à me faire ralentir la cadence dans mon travail, personne ne l'aurait pu, j'étais trop intoxiquée. C'était très comparable à une dépendance à la drogue ou au jeu.

Ensuite, j'ai fait la connaissance de Jean. C'était un médecin missionnaire, qui allait souvent offrir ses services dans les pays du tiers monde. Il revenait d'ailleurs d'une mission en Afrique lorsqu'il a lu l'article à mon sujet et il s'était senti « appelé », comme il me l'a confié plus tard. Il m'a offert ses services pour trier les patients, car certains, c'était vrai, venaient me voir pour des maux qui auraient pu facilement être soignés par la médecine traditionnelle, m'empêchant ainsi par le fait même de soigner des maladies plus graves.

Jean avait beaucoup de contacts et son aide me fut plus que bénéfique. Il avait accès à des médicaments gratuits et il connaissait des hauts placés au conseil municipal. Il s'est occupé de tout et, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il nous a déniché un immeuble dans le centre-ville. C'était vieux et miteux, mais il a fait appel à ses contacts et à ses amis, et ils nous ont rénové le tout rapidement. La ville avait consenti à nous prêter l'immeuble. Les élections approchaient je crois, c'était bon pour l'image du maire.

De gentilles bénévoles d'une soupe populaire du coin sont venues m'offrir leurs services pour organiser une cantine dans notre immeuble. Tout y était gratuit, on y récoltait ce que les gens donnaient et on nourrissait ceux qui attendaient.

Jean avait fait installer une roulette à numéros comme à l'épicerie. Les gens ne se battaient plus pour savoir à qui c'était le tour, ils prenaient un numéro et attendaient comme dans n'importe quel hôpital.

En tant que médecin, Jean savait que les gens les plus nécessiteux ne viendraient pas par eux-mêmes me consulter. Il m'a donc organisé une journée par semaine de visites dans les hôpitaux, avec une case horaire spéciale pour la pédiatrie. Il a demandé à des collègues dans le milieu de présélectionner les cas désespérés et d'obtenir l'autorisation des parents au besoin. J'ai ainsi pu rencontrer et soigner mes patients préférés : les enfants. Je ne devrais pas avoir de préférence, je sais, mais c'est ce qui m'apporte dans mon œuvre le plus de satisfaction personnelle. Secourir une personne âgée n'a pas la même valeur : on sait que tôt ou tard, elle devra bien mourir de quelque chose. Mais la mort d'un enfant est totalement injuste et injustifiable, et je suis toujours très fière lorsque je réussis à les guérir.

Les bénévoles se relayaient pour faire marcher notre baraque. Sur le babillard à la cantine, ils indiquaient les besoins qui devaient être comblés et ce système fonctionnait bien. Tout s'organisait autour de moi sans que j'aie à lever le petit doigt ou à prendre une décision. Je soignais et c'est tout.

Est-ce que je vous ai dit que j'avais maintenant une chambre personnelle? Je pouvais me laver tous les jours! J'arrivais à dormir d'un sommeil paisible, plutôt que de me faire réveiller à par des impolis trop pressés que je les aide. Avant, tous pouvaient venir me voir à toute heure, je ne savais dire non. Maintenant, le problème était réglé, c'était Bruno qui disait non à ma place.

Bruno était arrivé dans ma vie un peu après Rita et Jean. J'avais aidé sa jeune sœur, qui avait un cancer du sein, et il avait été tellement reconnaissant qu'il m'avait offert ses services gratuitement comme garde du corps. Bruno avait fait de la prison pour un vol à main armée et il avait beaucoup de difficulté à se trouver un emploi. Rajoutez à cela qu'il avait une mine patibulaire et qu'il n'était pas très sociable, et vous comprendrez pourquoi il vivait d'aide sociale en attendant que quelqu'un veuille bien lui faire confiance.

Moi, je lui faisais confiance. Je savais qu'il n'était pas méchant, juste un peu mélangé dans sa tête. Il s'était laissé embarqué dans ce vol par des voyous et il n'avait pas eu assez de discernement pour refuser de s'allier avec eux, c'était tout. Dans ses yeux, je pouvais lire toute la bonté qu'il y avait en lui et je n'y voyais aucun mal. Je l'ai donc engagé, si l'on peut dire, à titre de protecteur. Il m'a rendu bon nombre de services et il a refoulé les impatients qui voulaient passer avant les autres. Sa seule présence avait le don de calmer les plus excités, il n'a jamais eu besoin d'utiliser sa force durant tout son service pour moi.

Si vous aviez vu notre petite fourmilière, où chacun avait sa place, ou chacun s'activait avec énergie pour aider son prochain sans rien attendre en retour, ça vous aurait sûrement fait aussi chaud au cœur qu'à moi. J'étais si fière de notre organisme! Oui, nous étions devenus un organisme à but non lucratif, avec toutes les obligations de paperasse qui s'imposaient. Un gentil comptable était d'ailleurs venu nous offrir ses services gratuitement après que je l'aie soigné pour son ulcère.

Ça allait si bien, nous avions le vent dans les voiles, plus rien ne pouvait nous arrêter. Sauf peut-être moi. C'est entièrement ma faute, j'en porte tout le blâme. Je n'ai pas fait attention à moi durant trop longtemps, j'ai trop abusé de mon don. J'aurais dû dormir plus, manger mieux. Jean me l'avait d'ailleurs recommandé à de nombreuses reprises, mais je n'écoutais personne.

Je me suis effondrée en pleine consultation et je n'ai repris conscience qu'à l'hôpital. Ma petite personne était devenue très célèbre avec le temps et les journalistes en ont profité pour mettre ça en première page des journaux. Depuis quelques jours, ils s'en donnaient déjà à cœur joie, parce que je n'arrivais plus à guérir autant de malades. Je ne ressentais plus la chaleur, je n'avais plus de picotements.

On m'a diagnostiqué un épuisement professionnel, de l'anémie et de l'arythmie cardiaque. Et on m'a prescrit le repos complet jusqu'à nouvel ordre. J'ai protesté, bien sûr, mais on m' attachée à mon lit pour m'empêcher de m'autodétruire encore plus. Je n'en veux pas aux membres du personnel soignant, ils ont eu raison de le faire.

J'ai vu un psy quelque temps, mais il ne m'a pas tellement aidée. C'est Rachel qui m'a le mieux fait comprendre que je devais ralentir la cadence.

Rachel était une guérisseuse qui opérait depuis une vingtaine d'années. Elle avait commis la même erreur que moi à ses débuts, quoiqu'avec moins de répercussions au niveau des médias, et elle s'était retrouvée dans la même situation. Ça faisait longtemps qu'elle me regardait aller et elle attendait que je m'effondre pour venir m'apporter ses conseils. Avant, je ne l'aurais pas écoutée.

Elle m'a expliqué que j'allais perdre mon don si je n'y faisais pas attention, si ce n'était déjà fait. Elle ne guérissait pas plus de cinq personnes par jour maintenant, ce qui me semblait nettement insuffisant. Selon elle, je pouvais même y perdre la vie si je m'obstinais dans mon exagération.

Les guérisseurs sont habituellement discrets, m'a-t-elle dit, car sinon les gens abusent d'eux. Les guérisseurs? Il y en avait beaucoup? Plus que tu le crois, m'a-t-elle répondu. Et elle m'a laissée sur ces mots.

Jean venait me voir tous les jours. Il me donnait des nouvelles de l'organisme, me disait que des médecins étaient venus me remplacer quelque temps afin de ne pas laisser tous ces gens livrés à eux-mêmes. Il m'apportait des mots de réconfort de la part de tous. J'étais si faible que je pleurais tout le temps, il me consolait de son mieux. Cette période a été décisive pour nous. C'est à ce moment que nous sommes tombés amoureux. Et cet amour m'a aidée à reprendre des forces et à envisager l'avenir avec plus de sérénité.

Après deux semaines de repos, j'ai été en mesure de sortir de l'hôpital. Mon médecin m'a recommandé de ne pas reprendre du service avant deux autres semaines, mais vous ne pensez tout de même pas que j'allais l'écouter? J'ai recommencé le jour même, doucement, puis ça m'a encore rattrapée, j'ai recommencé à en faire trop. Nouveau séjour à l'hôpital, remontrances de la part de mon médecin et de Jean. Nous devions trouver une solution.

Ça m'est venu comme une épiphanie alors que j'étais alitée. J'ai convoqué une conférence de presse dès que j'ai pu me tenir debout et j'ai lancé un appel à l'aide à tous les guérisseurs disponibles. Je ne pouvais pas agir tout toute seule, eux seuls pouvaient m'aider à rendre ce monde meilleur.

Il m'est très difficile de vous décrire tout ce qui a découlé de cet appel à l'aide tellement c'est imposant, gigantesque, merveilleux. Tant de gens se sont manifestés, avec quelques charlatans bien sûr, qui ont vite été démasqués. J'étais vraiment surprise de voir à quel point il y avait des personnes qui étaient aussi talentueuses que moi et qui étaient prêtes à mettre la main à la pâte.

Notre immeuble ne suffisait plus pas, alors les maires de chaque ville offrirent un local à tous les guérisseurs qui désiraient œuvrer pour leur communauté. Puis ce furent les pays qui accordèrent la même chose, à plus grande échelle. À ceci près que nous devions maintenant exiger un dollar pour chaque patient. Cela payait entre autres les taxes municipales. Tout le monde pouvait se le permettre, alors ça allait pour ma conscience.

Rachel est venue se joindre à nous. J'étais si heureuse quand je l'ai vue arriver! Lorsque nous nous étions vues à l'hôpital, elle semblait désabusée, amère par rapport aux gens. Elle m'avait dit qu'ils étaient tous des profiteurs et des ingrats. Elle m'a avoué que mon courage et ma volonté l'avaient inspirée.

Aujourd'hui, je fais partie d'une organisation mondiale que rien ne pourra arrêter, pas même ma mort. C'est plus grand que moi et je ne suis qu'un infime maillon de la chaîne. Je suis heureuse, j'ai épousé Jean et nous avons deux enfants, un garçon et une fille. Nous exerçons encore, mais raisonnablement, soit huit heures par jour, comme le travailleur moyen. Nos enfants ne semblent pas avoir hérité de mon don pour le moment, mais le miens s'est manifestés assez tard dans ma vie, alors je ne me questionne pas à ce sujet.

Le temps nous dira s'ils suivront mes traces ou s'ils choisiront une autre voie. Tout ce que je souhaite, c'est qu'ils tenteront à leur tour de rendre ce monde un peu meilleur.

vendredi 16 janvier 2026

Texte : De sable et d'écume

 (1268 mots)

— Tanala, viens ici!

Médile avait hurlé. Tanala tenta de se rassurer : cela ne voulait rien dire, elle était certaine ne n'avoir rien fait de mal. Elle s'approcha la tête basse, dans une posture de soumission qui l'avait très bien servie jusqu'ici. Saranda, son autre mère, avait les bras croisés et arborait une mine ennuyée. Voilà qui était de mauvais augure.

— Tu étais censée faire le guet, non?

Tanala ne pouvait pas répondre, bien évidemment, puisque ses mères ne lui avaient pas accordé le droit à la parole. Aussi se contenta-t-elle de regarder Médile avec incompréhension. Celle-ci haussa les sourcils et pointa la mer. Il y avait un bateau, là, tout près de leur île. Tanala se mordit la lèvre inférieure.

— Tu sais ce que tu as à faire?

Tuer, tu dois tuer ces hommes. Coule leur bateau.

Les voix de ses mères martelaient ces mots dans son esprit. S'il y avait une tâche que Tanala détestait, c'était bien celle-là. Médile et Saranda le savaient.

Tanala retira la robe de jute qui couvrait son corps, puis elle se dirigea à pas lents vers la mer étincelante. L'eau fraîche caressa ses orteils. Elle aurait bien aimé en rester là, profiter de la brise du large et savourer la chaleur du soleil sur sa peau délicate, mais ce n'était pas ce que ses mères souhaitaient.

Tue, tue, détruis-les!

Pressée par les voix dans sa tête, Tanala plongea. Enfin, elle pouvait laisser couler ses larmes, qui se mêlaient en secret aux vagues salées. Les hommes ignoraient ce qui les attendait, elle ne pouvait pas les avertir. Du premier au dernier, elle serait contrainte de les éliminer.

Envahie par la toute-puissance prêtée par ses mères, Tanala s'approcha du bateau, puis elle posa les mains sur la coque. Aussitôt, le bois se mit à craquer et à se fendre, et l'eau s'engouffra dans les ouvertures. Mais c'était trop long.

Tanala poussa plus fort et ses mains passèrent à travers la coque. Elle ne se soucia pas des entailles qui parcouraient ses avant-bras, car ces blessures disparaîtraient vite. Rien ne saurait la détruire, puisqu'elle n'avait pas de réelle consistance. Ses mères l'avaient créée à partir de sable et d'écume, et elles avaient inséré une perle magique dans sa bouche pour lui prêter vie. Tout ce qui la maintenait entière, c'était cette volonté commune déployée par Médile et Saranda. Quand ces deux-là réussissaient à s'entendre, on pouvait craindre le pire.

Tue-les, tue-les tous, ils ne doivent pas en réchapper.

Tanala aimait ses mères, elle ne savait pas leur désobéir. Un à un, les marins furent entraînés au fond, sans qu'ils aient la moindre chance de se défendre. Tana agrippait un pied et descendait vers les profondeurs. Sa victime se débattait pour préserver sa fragile existence. Puis Tanala remontait, prenait un autre pied et redescendait.

Au bout du compte, il ne resta plus que des tonneaux et des corps flottant à la surface, et ses larmes qui se mêlaient à la mer. Réjouies par leur succès, les sorcières dansaient sur la plage. Tanala aurait tellement aimé partager leur joie.

Puis elle vit l'homme, à demi conscient et s'accrochant à une planche de bois, et son cœur de sable et d'écume se serra. Qu'il était beau! Si Médile et Saranda l'apercevaient, elles lui ordonneraient de le tuer.

Après un bref coup d'œil à la plage, Tanala plongea et se rendit sous la planche, pour la tirer doucement vers le large. Si elle arrivait à l'emmener assez loin, il aurait une chance de s'en sortir.

Un hurlement furieux s'éleva dans sa tête, puis ce fut le néant.

Quand Tanala se réveilla, nue et étendue sur le sable dans la nuit froide, elle comprit qu'elle avait commis une erreur.

Elle se leva et marcha à pas lents vers la cabane, d'où s'échappait une faible lueur. Ne sachant pas comment elle serait accueillie, elle se contenta d'observer par la fenêtre. Les deux femmes étaient attablées, concentrées sur leur partie de cartes en cours. L'homme du bateau était étendu dans un coin et semblait paisible. Il était peut-être mort.

Saranda aperçut Tanala, fronça les sourcils et lui pointa la porte du menton. Obéissante, Tanala se rendit à l'avant et entra. Il fallut un bon moment avant que ses mères daignent s'occuper d'elle. Enfin, Médile poussa un cri de victoire.

— J'ai gagné!

Saranda jeta ses cartes en haussant les épaules. Puis Médile se leva, empoigna un drap et le lança à Tanala.

— Couvre-toi.

Tandis que Tanala s'efforçait d'attacher le drap pour confectionner une toge, les deux sorcières se contentèrent de l'observer.

Médile se rassit et croisa les mains sous son menton. Son expression était pensive, mais Tanala connaissait l'esprit retors de sa mère : elle s'apprêtait à lui ordonner de commettre un acte destructeur et s'en délectait à l'avance.

— Bon, il est clair que tu mérites une punition.

Saranda gloussa.

— Alors voilà ce que nous avons décidé : tu devras séduire cet homme. Et une fois qu'il sera bien amoureux, ensuite tu le tueras de tes propres mains.

Tanala se redressa. Elle ne pouvait pas agir ainsi, c'était trop demander. Saranda ajouta d'une voix douce :

— Si tu fais cela, nous épargnerons les trois prochains navires, c'est promis. Et si tu t'appliques, il se pourrait même que nous soyons encore plus gentilles. Tout dépendra de toi.

Ce n'était pas juste, Tanala s'y refusait de tout son être, mais ses mères savaient se montrer cruelles jusque dans les choix qu'elles lui imposaient. Elle hocha la tête.

Expertes en sorts d'invisibilité, les sorcières disparurent et laissèrent à Tanala le champ libre pour séduire l'humain. Elle commença par le réveiller en lui caressant la joue. Puis elle joua les farouches et il eut l'impression, au bout de quelques temps, qu'il avait réussi à l'apprivoiser.

Il s'appelait Samuel et il était beau. Tanala se surprenait parfois à admirer les traits de son visage pour les graver dans sa mémoire. Il la regardait aussi, perdu dans l'illusion créée par Médile et Saranda. Samuel la croyait humaine, il n'avait pas conscience de ce qu'elle était.

Vint le jour où Samuel la prit dans ses bras, et prononça les mots qui scelleraient leur destin.

— Je t'aime tellement, si tu savais.

Tanala ferma les yeux. Par moments, elle regrettait que ses mères lui aient prêté vie. Elle entraîna Samuel vers la plage. Se dévêtit. Il en fit de même et ils entrèrent ensemble dans l'eau. Tanala encercla la taille de Samuel avec ses jambes et il l'embrassa avec une fougue qui la fit chavirer. Leurs corps se balancèrent dans les flots, unis dans une étreinte sauvage, si merveilleuse qu'elle faillit en perdre l'esprit.

Puis Tanala mit ses mains autour du cou de Samuel et elle serra. Il se débattit un peu, mais elle était si forte, et les humains si faibles.

Quand ce fut terminé, Tanala revint vers le rivage, mais elle s'arrêta à mi-chemin. Ses mères accoururent, elles lui crièrent de rentrer, mais Tanala refusa de leur obéir. Maintenant qu'elle avait tué Samuel, tout lui était égal. Elle se sentait si vide.

Elle ouvrit la bouche et tâta la perle qui était incrustée dans son palais.

Que fais-tu, non, n'y touche pas!

Les ordres de Médile et de Saranda ne l'atteignaient plus. Le lien avait été brisé, elle allait pouvoir retrouver sa liberté. Il fut si facile d'arracher la perle et de la jeter au loin.

Soulagée, Tanala ferma les yeux. Sa main était déjà en train de s'effriter. Bientôt ce serait le tour de son bras, puis de ses jambes. Le sable et l'écume allaient réintégrer la mer, où ils pourraient bercer le corps de Samuel pour l'éternité.

dimanche 11 janvier 2026

Témoignage - Tout le monde peut écrire (et formation à venir)

Carl Rocheleau m'a demandé si j'accepterais de faire un témoignage au sujet de Tout le monde peut écrire. J'ai pris le temps de réfléchir à ce que je pourrais dire à ce sujet. 

Je suis revenue en arrière, avant mon inscription à TLMPE, et j'ai regardé tout le chemin parcouru ces derniers mois. Franchement, on va se le dire, j'ai pris une mauzusse de bonne décision quand j'ai décidé d'embarquer dans cette aventure! 

Je vous partage le texte que j'ai écrit ce matin, et que Carl partagera sûrement sur ses réseaux. Je vous donne aussi des informations au sujet d'une formation de 15 semaines qu'il est en train d'organiser.


TÉMOIGNAGE - TOUT LE MONDE PEUT ÉCRIRE

Ça fait 20 ans que j’écris à temps partiel, tout en jonglant avec ma famille, mon travail, mes responsabilités et mes (trop) nombreuses passions. Le temps, l’énergie et la motivation sont des défis constants.

Alors que je me suis souvent concentrée sur des projets plus courts, depuis deux ans, j’écris des romans. Je veux pousser plus loin ma démarche, parce que je sais que je suis capable d'accomplir bien plus que ce que je fais depuis longtemps.

À l’été 2025, j’ai découvert Tout le monde peut écrire (TLMPE) et ça m’a vraiment interpelée. Disons que c’est arrivé à point nommé. En visionnant les vidéos de Carl disponibles sur Youtube, j’ai vite compris que c’était exactement ce dont j’avais besoin pour progresser.

La formule de TLMPE est parfaite pour moi. Tout se fait en virtuel et les cours sont enregistrés. Carl a une approche drôle, relax et décomplexée, et une passion contagieuse qui me donne envie d’écrire plus. Je me sens libre d’être présente ou non aux cours, de faire les exercices ou non, selon mon envie et ma réalité du moment. La variété des sujets et des aspects reliés à l’écriture vient nourrir mes réflexions d’auteure et j’ai l’impression que ça me fait vraiment avancer.

Du côté de mon écriture, je sens qu’il y a eu un « avant » et un « après ». Ces derniers mois, il y a quelque chose qui a débloqué dans ma tête et j’ai écrit comme jamais auparavant. J’ai été motivée, j’ai gardé le focus et j’ai trouvé du temps pour mes projets. J’ai aussi beaucoup gagné en confiance, surtout pour le premier jet qui me bloquait souvent. Pour moi, l’investissement dans TLMPE en a amplement valu la peine, bien plus que ce que je pensais au départ!


SESSION HIVER 2026 - FORMATION 15 SEMAINES

Comme je le disais plus haut, Carl est en train d'organiser une nouvelle formation, pour laquelle vous trouverez les informations ici

Une particularité avant de s'inscrire : il faut d'abord rencontrer Carl (en virtuel), afin qu'il puisse notamment s'assurer que la formation répondra bien aux besoins de la personne. 

La formation donne droit à ceci :
  • Chaque semaine : 1 cours en direct adapté aux besoins des membres + 1 exercice pratique + 1 coaching de groupe
  • Une semaine sur deux : Rencontre avec un·e auteur·e québécois·e invité·e
  • Chaque mois : 1 rencontre individuelle avec Carl
  • Accès à plus de 50 heures d'enregistrements pendant 6 mois
1 000 $ pour 15 semaines de cours
40 places maximum

vendredi 9 janvier 2026

Texte : À la recherche d'un rayon de soleil

 (2 064 mots)

Dès que Marianne rentra chez elle ce mardi soir là, son mari sut qu'elle avait eu une mauvaise journée. Elle s'effondra dans ses bras et il la réconforta de son mieux.

— Frank est mort, mort tu comprends? Pourtant, nous avons tant essayé de prendre soin de lui!

Brian soupira.

— Parfois, ça ne suffit pas. Regarde, nous au boulot, avec Émilia...

Marianne ne l'écouta pas, trop obnubilée par sa peine.

— Il avait des amis, nous l'aimions, nous lui donnions tout ce qu'il lui fallait. Pourquoi lui, oh pourquoi?

Elle pleura un bout de temps, puis ils finirent par manger et ils allèrent se coucher.

Le lendemain, quand Marianne arriva au bureau, elle sentit aussitôt que l'ambiance avait changé. Les photos de Frank avaient déjà été retirées des murs. Les gens se regardaient à peine, chacun était rivé sur son écran, personne ne souriait. La mine basse, elle se rendit à son poste de travail. Elle s'assit, soupira, puis prit connaissance de ses messages. Il y en avait un de Donaldson, le grand directeur.

« Dès que vous lirez ceci, rendez-vous à mon bureau. Immédiatement. »

Elle ouvrit la bouche, incrédule. À sa connaissance, jamais Donaldson ne lui avait porté la moindre attention. Il était le patron du patron de sa patronne, ce qui faisait de lui un être inaccessible.

Et pourtant, il la convoquait à son bureau, trois étages plus haut.

Marianne prit une inspiration tremblante, puis elle se leva et se rendit à l'ascenseur. Certains haussèrent les sourcils en la voyant passer, mais elle les ignora. Qu'aurait-elle pu leur dire? Elle ne savait pas pourquoi Donaldson voulait lui parler. Le pire l'attendait peut-être.

Une fois dans l'ascenseur, elle lissa sa jupe, replaça ses cheveux et s'assura de se tenir droite. Quand la porte s'ouvrit, elle était aussi parfaite que possible. Même si cela ne ferait sûrement aucune différence quant à l'issue de la rencontre, au moins elle aurait une apparence irréprochable.

Un homme s'approcha, l'air jovial et lui tendant la main.

— Ah, Madame Austin! Arthur Donaldson, content de vous voir. Venez, allons dans mon bureau!

Intimidée, Marianne le suivit, admirant au passage la décoration chaleureuse et les photographies disséminées un peu partout. Des gens qui souriaient, soulevaient des enfants en riant et jouaient avec des ballons ou des frisbees. Que des scènes réconfortantes, destinées à mettre les visiteurs à l'aise.

— Asseyez-vous. Une tisane? Camomille, verveine, ou alors un mélange spécial?

Marianne sourit, un peu gênée.

— Non, merci, j'ai déjà bu deux infusions ce matin. Vous comprenez, avec ce qui s'est passé hier, je me sentais tendue.

Donaldson hocha la tête d'un air bienveillant.

— Oui, la mort de ce pauvre Frank nous a tous affectés. Plusieurs membres de votre équipe ont d'ailleurs transmis une demande au département de soutien.

Ce n'était pas étonnant, Marianne aussi songeait à entreprendre ce genre de démarche. Le directeur se pencha vers elle.

— Et c'est pour cela qu'il nous faut un autre rayon de soleil. Le plus vite possible.

Marianne sursauta.

— Mais il est trop tôt! Nous n'avons pas vécu notre deuil, il y a des étapes...

Donaldson se renfonça dans son fauteuil.

— Bah! Ça, c'était l'ancienne façon de voir les choses. Les spécialistes s'accordent maintenant pour dire que plus on laisse traîner le processus, plus il est difficile pour le groupe de se remettre de ce genre de perte. On recommande plutôt de trouver rapidement un autre pensionnaire, afin que tous puissent se réunifier autour de lui.

Ça paraissait tellement irrespectueux comme démarche. Frank venait à peine de mourir, et déjà on parlait de le remplacer?

— On m'a dit que vous étiez proche de Frank, probablement celle qui lui apportait le plus de bonheur au quotidien.

Elle baissa la tête.

— Je l'aimais beaucoup.

Donaldson toussota.

— Oui, bien entendu. Vous n'êtes pas de celles qui font semblant, juste pour obtenir de l'avancement. Et c'est pour cela que nous vous avons choisie. Vous vous chargerez de trouver le prochain rayon de soleil de votre équipe.

Le cœur de Marianne s'arrêta, puis se mit à s'emballer. C'était un honneur, une énorme responsabilité, elle n'avait pas ce qu'il fallait!

— Monsieur, je...

— Non, non, aucune objection, la décision a été mûrement réfléchie : vous êtes celle qu'il nous faut. Vous serez exemptée de vos autres tâches le temps que vous ayez déniché un remplaçant pour Frank. Choisissez bien, mais choisissez vite surtout!

Et voilà comment Marianne s'était retrouvée à devoir visiter les centres d'adoption, afin de découvrir la perle rare.

Dès qu'elle entra dans le Royaume de l'Éden, elle sut qu'elle n'y trouverait pas ce qu'elle cherchait. Trop propre, trop bien rangé. Les résidents étaient de toute évidence plutôt autonomes, tant physiquement que psychologiquement. On marchait, on se promenait dans les couloirs, on discutait avec les préposés. C'était trop facile.

Son équipe avait besoin d'un défi plus important, d'un être qui combinerait à la fois des déficits physiques et mentaux. Tout comme Frank.

À cette pensée, elle sentit sa gorge se nouer. Que faisait-elle dans cet endroit, à chercher un remplaçant pour celui qui avait été un être incomparable, à la fois doux et gentil, plein d'amour et de bonté? Frank était parfait : totalement dépendant des soins qu'on lui prodiguait, mais si positif dans son esprit. Chacun de ses discours, même incompréhensible, procurait du bonheur aux gens. Personne ne serait jamais aussi bien pour l'équipe.

Pourtant, elle avait une mission, il fallait remplacer Frank.

Marianne s'éloigna bien vite du premier centre, en se promettant de ne pas se laisser décourager.

À La Grisaille, la réceptionniste l'accueillit d'un air fatigué et la fit entrer dans le couloir principal. Aussitôt, les sens de Marianne se réveillèrent. Odeurs d'urine et d'excréments, gémissements étouffés, regards perdus. Elle sourit : au moins, cet endroit avait du potentiel. Si elle pouvait dénicher un être qui avait souffert, et qui apprécierait à sa juste valeur les soins et l'attention qu'on lui prodiguerait, ce serait parfait.

Une assistante vêtue de gris pâle vint la rejoindre.

— Madame Austin? Dolores Monardi. Je vous attendais.

Marianne serra la main tendue et s'intéressa aux murs ternes, dépourvus de toute décoration.

— C'est la même chose partout, vos pensionnaires ne voient aucune couleur au quotidien? J'avoue que c'est impressionnant.

Dolores la fit visiter, en lui vantant le concept du centre.

— Que des nuances de gris, en autant que possible bien sûr. Nous ne changerons pas la couleur de peau ou des yeux de nos préposés, évidemment!

Elles éclatèrent de rire. Qu'il était plaisant, de côtoyer une personne aussi humaine et chaleureuse!

— Vous avez bien de la chance de vivre avec autant de rayons de soleil au quotidien.

Dolores haussa les épaules.

— Oh, vous savez, on s'habitue! Et puis, ça représente quand même beaucoup de travail. Mais je ne me plains pas, c'est tellement gratifiant!

Elles se promenèrent de chambre en chambre, sans que Marianne ne ressente de coup de cœur. Cette dame-là était trop âgée, elle risquait de mourir trop vite et ça nuirait à l'équipe. Ce jeune homme semblait trop confus, il n'apporterait pas assez de joie au groupe. Comme elle s'y attendait, trouver la perle rare ne serait pas une tâche facile.

Puis, elle vit une forme recroquevillée dans un fauteuil roulant, et un frisson lui remonta le long du dos.

— Qui est-ce?

Dolores sourit.

— Ah! J'étais certaine qu'elle vous taperait dans l'œil! Venez, je vais vous présenter notre belle Anita.

Elles s'avancèrent près du fauteuil.

— Anita, Anita! Réveille-toi, tu as de la visite!

Marianne regarda avec émerveillement les petits yeux qui s'ouvraient en papillonnant, le sourire qui s'épanouissait sur le visage de l'adorable créature.

— Je te présente Marianne. Dis-lui bonjour, Anita!

Anita se redressa un peu et agita sa main droite, déformée et malhabile. Sa bouche se tordit, tandis qu'elle essayait d'articuler la salutation demandée.

— Boooooo... jouuuuu!

Un sentiment d'allégresse envahit Marianne. Par contre, elle ne devait rien précipiter.

— Quelle est son histoire, d'où vient-elle?

Dolores l'emmena à l'extérieur de la chambre afin de préserver Anita. Marianne s'en voulut d'avoir posé la question à côté d'elle, c'était indélicat. En chuchotant, l'assistante expliqua :

— En réalité, nous ne savons pas, elle a été laissée devant la porte.

Elle grimaça.

— Probablement une famille qui croyait pouvoir s'en occuper, et qui s'est découragée. Ça arrive plus souvent que vous le pensez! Les gens s'imaginent que c'est une bonne idée, puis ils finissent par comprendre, mais ils ont trop honte. Alors, ils abandonnent le pauvre petit être dehors et ils s'en vont, comme des sauvages.

Marianne hocha la tête. Elle-même s'était parfois demandé ce qu'elle aurait décidé, si Brian et elle avaient eu un bébé et qu'il avait été déficient. S'en occuper seuls au quotidien, comme des égoïstes? Non, ils l'auraient mis à la disposition de la communauté. Si l'enfant avait été correctement diminué, avec ce qu'il fallait d'inconvénients tout en demeurant attachant, il aurait vite trouvé preneur.

Mais bon, il aurait pu être trop laid, aussi, et personne n'en aurait voulu.

— Combien, pour adopter Anita?

Dolores parut réfléchir.

— Bien, d'habitude nous avons un tarif fixe, mais elle vient d'arriver. Et nous avons deux autres représentants qui doivent venir nous rencontrer tout à l'heure.

Elle mentait, c'était évident, mais Donaldson avait accordé une confortable marge de manœuvre à Marianne.

— Allez, combien?

Dolores donna un chiffre, plutôt élevé, mais assez raisonnable vu le potentiel que représentait Anita. L'affaire fut vite conclue.

— Vous pouvez nous la faire livrer s'il vous plaît? Avec les papiers en règle.

— Bien sûr, nous avons l'habitude.

En sortant de la bâtisse, Marianne avait envie de sauter partout. Elle avait trouvé un rayon de soleil, et pas n'importe lequel! Peut-être même mieux que Frank.

Elle se calma aussitôt. Voyons, ne se consolait-elle pas un peu vite de celui dont elle s'était occupée pendant trois bonnes années? Ce n'était pas pour rien qu'elle était toujours volontaire pour changer sa culotte d'incontinence ou pour lui tenir compagnie pendant que le responsable du jour prenait sa pause : Frank était adorable, et son éternel sourire la rendait si heureuse. Quand elle était en vacances, il lui manquait. Et lorsqu'elle avait vu son petit corps tordu sous la couverture, tout rigide et sans vie, elle avait cru mourir.

Mais la Terre continuait de tourner, et Anita saurait sûrement rapporter la joie dans leurs existences.

Le lendemain matin, on amenait Anita dans le département. Dolores n'était pas venue la reconduire en personne, mais ce n'était pas nécessaire non plus. Il y avait un préposé, tout à fait compétent, qui se chargerait du transfert et de l'enseignement des soins de base.

Les collègues de Marianne s'agglutinèrent à quelques pas du fauteuil roulant, n'osant pas donner tout de suite leur cœur à la frêle créature. Confiante, Marianne s'avança vers leur nouveau rayon de soleil. Du moins, Anita le deviendrait si elle arrivait à faire une bonne impression sur l'équipe. Mais Marianne n'était pas inquiète : si elle avait été émue, si vite après la mort de Frank, les autres le seraient aussi.

Anita bougea dans son sommeil et gémit un peu. Lorsque Marianne commença à caresser son bras, la créature ouvrit les yeux et se mit aussitôt à sourire; elle l'avait reconnue. Des murmures approbateurs fusèrent et les gens se rapprochèrent.

Donaldson avança à son tour, et il vint s'agenouiller près d'Anita.

— Excellent, je suis bien content. Quel bon choix!

Marianne se rengorgea, fière de son accomplissement. Comme Anita ne connaissait qu'elle pour le moment, on l'affecta au premier tour de soins. Le préposé lui expliqua les besoins de leur nouvelle pensionnaire, puis il quitta la bâtisse, se disant rassuré sur le sort d'Anita. On la traiterait bien ici, c'était évident.

Marianne installa Anita dans sa chambre entourée de verre fumé, au centre de la salle, puis elle s'empara d'un appareil et elle s'amusa à la photographier sous divers angles. Elle la fit rire, se pencha pour bien saisir ses traits, prit un gros plan de sa main toute tordue. Ensuite, elle donna le disque mémoire à un collègue, qui se chargerait de développer les images afin qu'elles soient encadrées et mises sur les murs.

Dans le département, tous souriaient. On passait par exprès près de la chambre d'Anita, pour le simple plaisir de la voir s'amuser.

Marianne avait accompli sa mission. Elle avait trouvé un nouveau rayon de soleil, encore meilleur que tous ceux qu'ils avaient eus auparavant. Donaldson était content, tout le monde était heureux.

Qui sait, peut-être que grâce à cet exploit, elle allait bientôt se voir accorder une promotion?

mardi 6 janvier 2026

Début d'année et Textes à venir bientôt!

Bon début d'année!

Après des vacances reposantes à souhait, je suis de retour dans mes souliers de secrétaire. Les débuts d'année sont souvent occupés au travail, avec tout plein de choses à régler pour clore l'année précédente. Heureusement, j'ai fait le plein d'énergie durant le long congé et tout se passe bien.

Il y a longtemps que je ne prends plus de résolutions en début d'année. Par contre, j'aime bien faire un bilan, pour ensuite me fixer des objectifs et des intentions pour l'année à venir. Voici ce que je cible pour 2026 :

  • Comme je l'indiquais dans mon article précédent, mon mot d'inspiration pour 2026 sera : RAYONNER. Il s'intègrera dans diverses sphères de ma vie, dans mes interactions, mes projets et ce que je souhaite incarner au quotidien.
  • J'ai aussi ciblé une autre intention : PLAISIR. Lors de mon bilan (j'ai participé à la fin décembre à la rencontre de bilan de Simplement humain de Karène Larocque), j'ai découvert avec étonnement que je ne mettais pas assez de plaisir, de ressourcement et d'amusement dans ma vie. Je suis pas mal bonne pour me fixer des objectifs, pour être dans la performance et pour m'occuper des autres. Je suis aussi capable de me reposer au besoin. Par contre, je manque de moments de ressourcement pour remonter mon niveau d'énergie. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande cette vidéo de Simplement humain, qui parle de la différence entre le ressourcement et le repos. Vous pouvez aussi lire son livre Quand le corps sonne l'alarme, qui aborde les émotions et les symptômes physiques d'une manière très intéressante.
  • Mon principal objectif littéraire sera de finaliser le premier jet de la trilogie que je suis en train d'écrire (roman sentimental contemporain - un projet qui me stimule beaucoup!), et ensuite de retravailler ce projet. Je veux prendre mon temps, intégrer des notions apprises grâce à Tout le monde peut écrire et avoir du plaisir à le faire, sans me mettre de pression.
  • Mon objectif en matière d'arts visuels sera d'en faire plus régulièrement. J'ai mis ce volet de côté depuis la mi-août 2025, pour me concentrer sur l'écriture (ce qui a été très productif), mais ça me manque. Les arts visuels me font du bien et ils font partie de la catégorie "plaisir et ressourcement" dont je parlais plus haut.

Ensuite, je vous annonce que je vais bientôt commencer à vous partager certains de mes textes sur ce blogue. Je vais les mettre en ligne chaque vendredi matin, à compter de cette semaine.

Voilà, c'était les nouvelles de début d'année! 

J'en profite pour vous souhaiter une année remplie de santé, de prospérité, d'amour, de joie et de sérénité!

samedi 20 décembre 2025

Nouvelles de fin d'année

Ça y est, je suis enfin en congé! 

La fin d'année a été un peu chargée (comme d'habitude dirons-nous), mais grâce aux méthodes de gestion de mon énergie que j'ai mises en place ces dernières années, je me sens moins lessivée que par le passé.

Quelles sont ces méthodes? C'est simple : 

  • Luminothérapie à partir de septembre (je laisse ma lampe allumée toute la matinée au bureau).
  • Décliner au maximum toutes invitations à participer à des activités sociales, surtout en décembre (partys de bureau, 5 à 7 et compagnie, vous avez peu de chances de m'y voir).
  • Avoir des projets d'écriture et des objectifs jusqu'au début décembre. Par la suite, lever le pied, surtout pour les 2 dernières semaines au travail (qui sont souvent très énergivores). J'y vais comme ça me tente et je relaxe quand c'est possible.
  • M'amuser avec les arts visuels, sans me mettre de pression.
Le résultat, c'est que je suis arrivée à mon congé fatiguée, oui, mais moins que par le passé. Et mon énergie remonte bien plus vite que d'habitude. En prime, je n'ai pas attrapé de grippe malgré les microbes environnants. Donc, la recette semble bonne!

Sinon, parlons un peu de WATTPAD. 

Je viens de me décider, aujourd'hui, à dépublier tous mes textes autopubliés sur Wattpad. J'aurais pu vous faire un billet à part pour mes constats à propos de cette plateforme, que j'ai testée avec joie pendant plusieurs mois. Mais bon, en gros, il n'y a pas de mystère. C'est un média social, sur lequel les gens (beaucoup des jeunes et quelques plus vieux comme moi) aiment échanger. Plus vous allez commenter et voter pour les chapitres des autres, plus vous vous abonnez à leurs contenus, et plus vous avez de chances que les "vues", les "votes" et les "commentaires" sur vos écrits s'accumulent. J'ai participé à ce jeu en m'amusant, puis il y a quelques semaines, j'ai complètement arrêté de commenter et de voter. Et j'ai eu zéro (je dis bien zéro) vues, votes et commentaires qui se sont rajoutés depuis ce temps. 

En plus, et là je vais peut-être vous dévoiler un secret mal gardé, il y a tout un jeu de coulisses intéressant à observer sur cette plateforme. Les gens communiquent ensemble sur d'autres médias sociaux (ex. : Facebook ou Instagram). Des groupes "d'entraide" se forment. Les gens (des inconnus pour la plupart) s'organisent ensemble pour aller voter sur les publications Wattpad des autres, sans nécessairement avoir un réel intérêt envers leurs publications. Le but est d'augmenter les chiffres de chacun, pour pouvoir monter dans l'algorithme de Wattpad. C'est tout un monde en soi.

Je n'ai pas de regret, j'ai apprécié mon expérience, mais j'ai décidé d'arrêter de mettre de l'effort sur cette plateforme qui ne m'apporte pas grand chose, à part du divertissement. J'ai dépublié toutes mes publications, tout comme je l'avais fait par le passé avec Amazon. Au bout du compte, ces expérimentations m'ont démontré que la publication avec des éditeurs conventionnels m'intéresse plus que l'autopublication. Donc, c'est de ce côté que je vais continuer de mettre des efforts.

Sinon, je suis satisfaite de mon année en général. Il s'est passé beaucoup de choses dans ma vie personnelle et honnêtement, j'espère que l'année 2026 sera plus tranquille! J'espère aussi que mes fasciites plantaires et mon irritation du tendon d'Achille se règleront bientôt, pour que je puisse être moins limitée dans mes mouvements. Mais bon, j'apprends la résilience et la patience en attendant. À dire vrai, ces inconvénients m'auront permis de prendre soin de moi ces derniers mois et de respecter mes limites. J'en garde des apprentissages qui vont m'accompagner pour le futur. Donc, cette situation m'a aussi apporté du positif.

Pour ce qui est de l'écriture, je suis contente de mes avancées. J'ai écrit comme je le voulais (vive les objectifs), j'ai beaucoup appris (merci à Carl Rocheleau et sa plateforme Tout le monde peut écrire) et je fais maintenant partie d'une communauté positive reliée à l'écriture (merci encore à Carl!). Je me suis aussi permis de faire 2 retraites d'écriture (2 nuits dans une auberge) et je compte bien récidiver en 2026. 

Du côté de mon développement personnel, j'ai récolté beaucoup de bienfaits suite à mon adhésion à la plateforme Le Marie Club (de Marie-Claude Barrette). Je vais poursuivre cette démarche au cours de la prochaine année. 

Bref, ce fut globalement une belle année. Riche en défis, certainement, mais aussi très profitable pour mon avancement personnel. 

En ce qui concerne 2026, ce sera une année charnière pour moi, puisque je célébrerai mes 50 ans. Oui, 50 ans! Une publication se dessine à l'horizon, possiblement pour l'automne 2026 (j'en parlerai quand ce sera possible). Je suis en train de décider quels seront mes objectifs d'écriture. Vous remarquerez que je ne donne aucun détail à ce sujet. C'est tout à fait assumé! Quand ce sera le temps pour moi de récolter le fruit de mon labeur, je me ferai un plaisir de vous partager mes accomplissements. En attendant, j'y travaille.

Pour terminer, je vous partage mon mot d'inspiration pour 2026. C'est un concept que j'ai appris dans le Marie Club, et qui consister à se donner un thème personnel pour la prochaine année. On se sert de ce thème pour guider nos actions et nos réflexions. Mon thème sera RAYONNER. Il correspond bien à ce que je souhaite incarner pour la prochaine année, pour mon entourage et dans mes projets. 

Dans un monde où la noirceur prend énormément de place, autant dans les médias que dans le quotidien des gens, je trouve important que la lumière soit aussi présente pour contrebalancer, pour rééquilibrer ce monde rempli de folie humaine et de drames. On peut aussi y expérimenter la gratitude et le bonheur. Parfois, il suffit de savoir où regarder.

Sur ces mots, je vous souhaite à tous un bon temps des Fêtes! Je vous souhaite aussi une année 2026 qui vous apportera tout ce que vous désirez et même davantage. Santé, amour, richesse, joie, sérénité!

samedi 11 octobre 2025

Passion harmonieuse ou obsessive

Connaissez-vous la théorie de la dualité des passions, de Robert J. Vallerand (et collègues)?

J'en ai entendu parler dernièrement et ça m'a beaucoup intéressée.

En gros, cette théorie divise les passions en 2 catégories :
  • la passion harmonieuse
  • la passion obsessive
Voici quelques caractéristiques de ces deux types de passions :

La passion harmonieuse
  • La personne intègre sa passion de manière équilibrée dans sa vie. 
  • Elle arrive à être souple par rapport à son activité. Par exemple, elle peut prendre une pause pour participer à une activité sociale. Elle ne ressentira pas de culpabilité, d'obligation ou de pression due au fait de "délaisser" sa passion. Ce sera remis à plus tard, sans problème.
  • La motivation profonde sera plus intrinsèque. On cherche le plaisir, la croissance personnelle, on veut apprendre et se sentir bien dans l'activité. On le fait d'abord pour soi.
  • Les émotions vécues sont globalement positives.

La passion obsessive
  • La personne va être plus rigide par rapport à sa passion, qui peut prendre une place excessive dans sa vie. La passion va dominer sa vie, ce sera moins équilibré.
  • La pression va être plus présente. Par exemple, on se sentira coupable si on ne s'adonne pas à l'activité. On va viser un certain résultat, on va vouloir rencontrer certains standards.
  • La motivation profonde sera plus extrinsèque. On va plus se concentrer sur le regard des autres (validation, approbation), et moins sur notre plaisir personnel.   
  • Les émotions vécues peuvent être plus négatives : anxiété, stress, culpabilité, épuisement, etc.

J'ai trouvé une vidéo Youtube qui en parle d'une manière personnalisée (ça dure une trentaine de minutes). La youtubeuse aborde la question par le biais de sa passion pour l'équitation, qui n'est plus autant une passion aujourd'hui. J'ai bien aimé sa manière de décortiquer les divers aspects du sujet de la passion, dont la notion d'identité par rapport à notre activité. Dans son cas, elle se présentait comme une "cavalière", mais elle ne l'est plus autant aujourd'hui. Qui est-elle sans cette passion? Une vidéo intéressante, je vous la recommande.

En ce qui me concerne, je cible 2 passions majeures chez moi : les arts visuels et l'écriture.

Pour les arts visuels, je crois que je suis dans la passion harmonieuse depuis le tout début. Je ne me mets aucune pression, le regard de l'autre m'importe peu et je m'amuse. Je veux apprendre, expérimenter, m'extérioriser. Je tombe facilement dans un état de flow, dont je ressors quelques heures plus tard, en me demandant ce qui vient de se passer. C'est merveilleux.

Pour l'écriture, c'est moins évident. À mes débuts, j'étais dans la passion harmonieuse. Après avoir publié, je suis parfois tombée dans la passion obsessive, ce qui peut être un piège quand on commence à faire des salons du livre, qu'on veut vendre nos livres et qu'on souhaite que les éditeurs s'intéressent à nos histoires. Ça peut devenir un cercle vicieux. Je dirais que j'aborde ma passion de façon beaucoup plus harmonieuse à présent. J'écris d'abord pour moi, pour me faire plaisir. Des trucs qui ne seront pas nécessairement publiables. D'autres le seront peut-être, mais j'essaie de moduler ma pensée durant l'écriture, afin de demeurer dans le plaisir immédiat, de me concentrer sur le processus, sur ce que je souhaite accomplir. 

C'est parfois un défi, et je suis contente d'avoir appris récemment la différence entre la passion harmonieuse et la passion obsessive. Ça vient mettre des mots sur ce que je ressentais depuis longtemps. La différence entre vivre sa passion de façon saine ou moins saine.

Ce sera désormais quelque chose qui me restera en tête, quand je m'observerai en train de faire mes activités. Je veux vivre mes passions de manière harmonieuse, car c'est bien plus satisfaisant. Je vous en souhaite autant!

vendredi 10 octobre 2025

Nouvelles automnales

Ça fait plusieurs fois que je me dis que je vais venir ici pour vous donner quelques nouvelles... et puis je suis happée par le tourbillon de la vie et/ou mes projets et/ou mes envies du moment et/ou la fatigue, et puis je décide de faire autre chose.

Aujourd'hui, je me suis dit ça suffit, je vais l'écrire ce fameux billet de blogue. Parce que le meilleur moment, c'est maintenant!

On va y aller par sujet, ce sera plus facile à suivre.


Tout le monde peut écrire - Carl Rocheleau

J'en ai déjà parlé ici, mais en gros, je me suis abonnée à l'application Tout le monde peut écrire, avec la version complète (il existe aussi la version découverte). Par le fait même, je fais partie du Clan, ce qui m'offre plein d'outils, une cours donné par Carl Rocheleau un soir par semaine, et l'accès à une communauté bienveillante. 

Ah, et avec cet abonnement, j'ai aussi accès au programme C'est dans la plume. En gros, ce programme dure un mois. On écoute une vidéo par jour (environ 7 minutes par jour) et on fait certains exercices. Dans mon cas, comme pour d'autres membres, à la deuxième semaine j'ai cessé de faire les exercices et je me suis jetée à fond dans l'écriture de mon projet de roman en cours. Je compte bien refaire le programme éventuellement (et continuer de faire les exercices). C'était stimulant et pertinent.

Tout ceci fait en sorte que mon cerveau est câblé sur l'écriture depuis plusieurs semaines. Je fais peu d'arts visuels, mais j'écris. J'acquiers des compétences, j'ai de nouvelles idées et je développe mes projets.

Si cette initiative de Carl Rocheleau vous intéresse, on en parle dans cet article.


Défi Kairos - Écriture du premier jet d'un roman en 90 jours

Pendant ce temps, j'ai découvert le défi Kairos, qui consistait à écrire le premier jet d'un roman en 90 jours. J'ai embarqué dans l'aventure au moment où il restait environ 60 jours au défi (mais bon, j'avais déjà un plan qui était prêt, alors ça s'équivaut). Je viens de terminer ce premier jet de roman, que je vais bientôt leur envoyer. 

Qu'on se comprenne bien : le défi, c'était de finaliser le premier jet d'un roman. On obtenait des conseils par courriel, et on courait la chance de remporter des livres de conseils pour l'écriture (je n'ai rien gagné, mais ce n'est pas grave). Je n'avais rien à perdre et tout à gagner. Ce défi m'a donné la motivation nécessaire pour aller au bout de mon roman (actuellement 53 000 mots). Pour la suite, la maison d'édition va étudier les manuscrits reçus et elle décidera si elle souhaite en publier certains. On verra bien.

Si vous êtes curieux, cette maison d'édition (Éditions Kairos) publie ce qu'elle appelle de la "green romance" (romans sentimentaux avec des relations saines), ce qui correspondait très bien avec mon projet. C'est arrivé à point nommé, les étoiles étaient alignées, donc j'ai décidé de foncer dans cette aventure.


Des tomes 2 et 3 qui émergent... et d'autres idées que je prends en note

En parallèle, j'ai eu des idées pour un tome 2 et un tome 3, sur lesquels je commence à me pencher. Je suis aux premiers balbutiements de ces projets : les idées, les recherches, les fiches de personnages, etc. Et je suis très enthousiaste! Je sens que je vais bien m'amuser. Et me casser la tête. Et douter. Et vivre de l'euphorie. Bref, toutes les étapes normales pour l'écriture d'un roman! 

Je constate que mon cerveau est plutôt créatif ces temps-ci. D'autres idées émergent pour divers projets. Je les prends en note, pour le jour où j'aurai du temps à leur consacrer. De toute manière, ce sont des idées pour l'instant. Elles ont besoin de maturer, de prendre de l'expansion. Je les laisse en bonne compagnie avec les mille et une idées que j'ai déjà notées par le passé. Le problème, ce ne sont pas les idées, c'est surtout le temps que j'arrive à leur consacrer! 

Et ce ne sera pas mieux quand je prendrai ma retraite (de mon travail), quelques amis me l'ont confirmé. Quand on est passionné, on doit se résoudre à cette fatalité. On aura toujours trop de projet et d'idées pour ce qu'on arrivera à accomplir. C'est un beau problème, quand même!


Retraite d'écriture à venir

J'ai vraiment adoré ma première expérience de retraite d'écriture en solo vécue au mois d'août. Tellement que j'ai décidé de ne pas attendre à l'an prochain! Je me fais une autre retraite à la fin octobre, au même endroit et avec le même concept. C'est quelque chose que je vais intégrer à ma vie désormais, au moins deux ou trois fois par année.

Voici ma formule (libre à vous de la copier ou de l'adapter) : 

  • Je réserve une chambre (une petite suite) pour 2 nuits dans une auberge. Mes besoins minimaux : un lit, une table avec une ou deux chaises, un petit réfrigérateur, une machine à café et une salle de bain privée (oui, j'insiste pour avoir ma propre salle de bain, pas question de partager!).
  • Avant la retraite d'écriture, je cible mes projets et mes objectifs (la dernière fois, je les ai dépassés, et de loin!). Je sais déjà ce que je veux accomplir, je suis motivée et j'ai hâte.
  • Le jour J, sur la route, j'arrête à l'épicerie pour m'acheter des trucs tout faits qui n'ont pas besoin d'être réchauffés (ex. salades,  sandwichs, humus, biscuits, crudités, fruits... et quelques trucs moins sages assurément, mais c'est mon petit secret!).
  • L'horaire prévu : 1ere journée, arrivée vers 16 h / 2e journée complète / 3e journée, départ au plus tard pour midi. Je veux optimiser tout ce que je peux pendant cette période.
  • Quand j'arrive dans la chambre, je verrouille la porte. Je ne sors pas et je ne vois personne jusqu'à mon départ.
  • J'écris, j'écris, j'écris. J'ai le cerveau en ébullition. Je mange et je dors quand ça me tente ou que je suis sur le point de m'écrouler. 
  • Je mets mon cellulaire en mode avion. Je regarde mes notifications quand je suis en pause repas.

Voilà! J'ai super hâte à cette retraite d'écriture. Ça mijote dans ma tête. J'ai hâte d'être plus proche de la date, pour me fixer des objectifs plus précis. 


Formations - Arts visuels

Il y a quelques semaines, je me suis procuré 2 formations de LiliFlore, une artiste dont j'aime beaucoup la démarche et la méthode d'enseignement (c'est très intuitif). Je visionne les modules à mon rythme, en sachant que je voudrai les réécouter à nouveau pour faire tous les exercices. Ce n'est pas urgent, mais ça me garde les arts visuels en tête pendant que je suis occupée ailleurs. Voici les formations en question :


Défi 10 jours - Drôlement inspirant

Dans un tout autre ordre d'idées, j'ai participé dernièrement au défi 10 jours de Drôlement inspirant, qui intégrait des enseignements et des méditations. Ce processus m'a fait beaucoup de bien. Si ça vous intéresse, voici le lien pour la vidéo du jour 1 : JOUR 1 : Défi 10 Jours


Le Marie Club

Il y a quelques jours, je me suis aussi abonnée à la plateforme Marie Club de Marie-Claude Barrette, dont je suis très satisfaite jusqu'ici. Cette plateforme me donne accès à une foule d'entrevues intéressantes, sur des sujets comme la psychologie, la santé, l'alimentation, la spiritualité, etc.

Ah, et ça ne vous surprendra sûrement pas, mais je me suis surtout abonnée pour son programme de 12 semaines... Parce que oui, j'adore ça les défis et les programmes avec une durée précise! Mais j'ai trouvé tellement plus sur sa plateforme. Je suis très contente de m'y être inscrite.


Fasciites plantaires et irritation du tendon d'Achille

Pour finir, j'ai fait la découverte à la mi-août de ce que sont les fasciites plantaires! Un mois plus tard, une petite complication est survenue, soit une irritation du tendon d'Achille droit. Ces deux bobos sont assez douloureux (surtout le tendon d'Achille, ouch!). Je me soigne, je consulte, je respecte toutes les recommandations et ça s'en va sur le bon bord (comme on le dit si bien en bon québécois). 

Si j'ai un conseil à vous donner, c'est PORTEZ DE BONNES CHAUSSURES! Je me suis blessée en prenant une grande marche un peu énergique, avec des chaussures de qualité moyenne. Et voilà le résultat. À présent, je porte de chaussures Hoka, ce qui est très recommandé par les podiatres en général. Avec des talonnettes recommandées par la podiatre. Et je vais bientôt avoir des orthèses plantaires et des traitements de physiothérapie.

Bref, PORTEZ DE BONNES CHAUSSURES! Parce qu'une fois que les bobos sont là, c'est long à guérir.


Voilà, ce sont les dernières nouvelles! Je croise les doigts pour être en mesure d'aller au Salon du livre de Montréal à la fin novembre. Ma podiatre pense que ce sera possible. Je l'espère tellement!

samedi 9 août 2025

Focus sur l'écriture en cette période estivale

En cette période estivale, j'ai laissé de côté les arts visuels (pour un temps) et je me concentre plutôt sur l'écriture. 

C'est souvent de cette façon que je fonctionne : j'alterne mes deux passions, parce que sinon je me disperse et j'obtiens peu de résultats. J'ai eu une phase dédiée aux arts visuels dernièrement, maintenant c'est au tour de l'écriture.

Je dois dire que mon inscription mensuelle à Tout le monde peut écrire (de Carl Rocheleau), dont j'ai déjà parlé, me donne une bouffée de motivation pour avancer dans mes projets d'écriture. Le fait d'avoir des rencontres chaque semaine, de faire partie d'un groupe d'auteurs motivés, d'apprendre des notions et de faire des exercices, en plus de la passion contagieuse de Carl... tout cela me procure un élan précieux qui perdure jusqu'à la semaine suivante. Je suis très heureuse de m'être abonnée et j'en vois les bienfaits.

Dans les faits, je suis abonnée à ce qu'on appelle "Le Clan", ce qui me donne droit à toutes sortes de choses, dont des primeurs sur des projets en cours de développement. Je ne peux rien dire pour l'instant, mais je sais que Carl a prévu de faire certaines annonces bientôt. Tout cela me stimule et me procure une belle dose d'énergie et de motivation que je compte bien utiliser à bon escient. 

D'ailleurs, je m'apprête à aller faire une retraite d'écriture dans une auberge. J'ai réservé une chambre pour deux nuits. Quelqu'un m'a recommandé l'endroit et je vais aller l'essayer. Si j'aime ça, il se peut que j'en fasse une tradition à chaque année. 

Ça fait longtemps que je veux me faire une retraite d'écriture de ce genre, mais je ne trouvais pas mon concept idéal. Louer un chalet coûte très cher, même en partageant les frais avec d'autres auteurs (qu'il faut trouver). Il faut prévoir la bouffe, s'organiser...

Alors qu'en louant une chambre pour moi toute seule, je peux gérer les choses à ma manière. Je vais m'acheter des salades et des sandwichs (et quelques trucs moins sages assurément), m'enfermer du début à la fin et me concentrer sur mes projets. Je l'ai déjà fait par le passé (chez ma mère, pour m'occuper de ses chats) et j'ai constaté que le fait d'être seule ailleurs que chez moi, pour quelques jours, me fait tomber dans un autre état d'esprit. C'est surprenant de voir ce que je peux accomplir en si peu de temps.

Voilà, c'est ce que j'avais envie de vous partager aujourd'hui. Même si je me concentre sur l'écriture, ma passion pour les arts visuels n'est jamais loin. J'observe les arbres, la nature, la lumière, et j'ai hâte de m'y remettre. J'ai des tas d'idées à explorer et je me suis acheté des formations en ligne que je veux visionner. Sauf que l'appel de l'écriture est plus fort en ce moment. 

Au fond, peu importe. Ce qui est important, c'est de vivre mes passions à ma manière, en me nourrissant de tout ce qu'elles m'apportent!

dimanche 29 juin 2025

Tout le monde peut écrire - Carl Rocheleau (2)

 

Suite à mon dernier billet au sujet de l'initiative de Carl Rocheleau, intitulée Tout le monde peut écrire, d'autres informations ont été annoncées pour la suite du projet. Comme promis, je vous les partage.

Pour tout vous dire, je me suis abonnée hier matin, fébrile à l'idée de participer à l'atelier hebdomadaire qui, j'en suis certaine, va m'ouvrir de nouveaux horizons. En attendant, je suis en train de visionner les 10 vidéos (je suis à la moitié de la 6e)... et c'est en train de révolutionner ma façon de voir l'écriture et mes projets en cours et à venir. Mon cerveau est en ébullition, j'ai envie d'aller vivre dans un chalet isolé dans les bois pendant 3 mois pour écrire, écrire, écrire... Ouf! (Commencez par aller regarder l'épisode 1, vous allez peut-être me comprendre.)  

Alors, voici les informations :

Le groupe privé Facebook « Tout le monde peut écrire » va rester gratuit. Pas de pub ni de promo, juste la présence saine et constante d’auteurs dans une communauté centrée sur l’ouverture et la motivation (pour s'y inscrire, il suffit d'envoyer une demande et de répondre à quelques questions).

En clair, « Tout le monde peut écrire » est une communauté Facebook gratuite où les participants reçoivent en moins de 20 h toutes les bases pour écrire (vous pouvez aussi aller voir les 10 cours sur YouTube). On fait les cours à son rythme. Carl publie un exercice d'écriture chaque semaine sur le groupe Facebook.

Comme le dit Carl "Tu vas savoir assez vite si t’aimes ça ou pas, pis ça te coûtera pas une cenne."

Après, quand on est prêt à passer à la deuxième vitesse, on peut s’abonner (60 $ par mois ou 600 $ pour l'année). L’abonnement donne droit à un atelier d’écriture en direct chaque semaine, où on va plus loin et où Carl adapte tout le contenu aux besoins des abonnés. Cet abonnement offre aussi un rabais de 50% sur le coaching privé, c’est-à-dire 50$ par rencontre au lieu de 100$ (au tarif actuel).

À noter : L'abonnement mensuel va augmenter à 75$ le 1er août 2025, mais les gens qui s’abonnent d’ici là vont toujours garder le tarif de 60$, parce que Carl veut les remercier de le soutenir dans son projet.

Voilà, ce sont les informations que je voulais vous transmettre.

Je ne sais pas à quel point cette initiative va vous parler, mais en ce qui me concerne elle arrive à point nommé. 

Au plaisir de vous croiser dans le groupe, si jamais vous décidez d'y adhérer!

samedi 21 juin 2025

Tout le monde peut écrire - Carl Rocheleau

Cette semaine, j'ai découvert une initiative incroyable de Carl Rocheleau qui me parle beaucoup : il s'agit du projet Tout le monde peut écrire, qu'il met en place depuis quelques mois. 

Tout cela prend forme et continue de se développer à l'heure actuelle. Je n'ai pas toutes les informations, mais je vais essayer de vous expliquer de quoi il s'agit. 

En gros, Carl est un auteur (et un gars super que j'adore), que je connais depuis longtemps. Nous avons fait des salons du livre ensemble et nous avons copublié en trio, avec Geneviève Blouin, un guide pratique intitulé Écrire et publier au Québec : Les littératures de l'imaginaire, édité aux Six Brumes.

Carl est aussi professeur de cégep. Il a publié plein de livres et il a une manière unique de parler aux gens. Il est accessible et authentique. Quand on le côtoie, on sent sa passion, son énergie positive, son envie de partager et son amour des gens (j'ai dit que je l'adore, hein?). Il fait partie de ces gens uniques qu'on rencontre dans notre vie, et qui nous apportent du positif, rien qu'en étant ce qu'ils sont.

En ce qui concerne le projet de Carl, Geneviève et moi avons été invitées cette semaine à participer à une causerie (en virtuel) destinée aux membres de Tout le monde peut écrire. En gros, le but était que Carl nous pose des questions sur nos débuts en tant qu'auteures. Je ne savais pas à quoi m'attendre, il n'y avait pas de questions fournies à l'avance et j'ignorais que ça allait être filmé et mis éventuellement sur YouTube si j'ai bien compris (zut, je déteste être filmée, hihihi!), mais j'ai décidé de foncer et de prendre ça comme ça venait. Ça a été une belle expérience, et ça a été une merveilleuse occasion de nous réunir Geneviève, Carl et moi, ce qu'on n'avait pas fait depuis plusieurs années. J'espère que les étudiants de Carl ont trouvé leur compte dans nos réponses. Gen et moi avons parfois des visions très différentes de certains aspects reliés à l'écriture et au monde littéraire, ce que je trouve quand même intéressant. Je pense que chaque artiste finit par développer ses propres méthodes, sa propre vision et que c'est une excellente chose d'être inspiré par différents exemples, pour finir par développer notre propre unicité, notre propre façon de voir les choses. On a d'ailleurs constaté le tout il y a quelques années, en compilant les réponses des répondants pour Écrire et publier au Québec. Tout le monde a son idée sur les bonnes méthodes et les façons de fonctionner, et au fond tout le monde a raison. L'important, c'est de trouver ce qui fonctionne pour nous.

Si je reviens au projet de Carl, voici où j'en suis actuellement dans mon exploration :

  • Je suis allée m'inscrire sur son site Tout le monde peut écrire. Dès qu'on complète le formulaire, on a accès à un fichier PDF qui contient plein d'exercices "faciles pour les débutants". Je vais m'amuser à les faire prochainement.
  • Je me suis abonnée à la chaîne YouTube de Carl, sur laquelle on retrouve entre autres la Playlist "Tout le monde peut écrire - Cours intégraux". J'ai écouté le premier épisode ((S01/E01) Comment ENFIN débloquer, trouver la motivation, et écrire ton premier livre! - YouTube)... et j'ai pris plein de notes! Vous pouvez être certains que je vais aller regarder les autres épisodes. Entre autres, j'ai adoré son explication du schéma narratif avec l'exemple du film Shrek (savoureux!). J'ai aussi aimé son exercice de visualisation et je vais bientôt faire l'exercice des images avec les portes (vous irez voir la vidéo si vous voulez comprendre). Il y a plein de bon stock rien que dans cette seule vidéo, j'ai hâte de voir ce que les autres me réservent.
  • J'ai transmis une demande pour le groupe Facebook privé Tout le monde peut écrire - La tribu, pour lequel j'ai été acceptée. Il faut répondre à quelques questions, pour montrer notre sérieux et notre intérêt à adhérer à ce groupe. Il s'agit d'un groupe gratuit, et toute personne intéressée peut faire une demande d'adhésion. 
  • Ce mercredi 25 juin, à 19 h 30, je vais assister à un atelier (en virtuel, en direct) donné par Carl. Si ça vous intéresse, il faut s'inscrire au groupe Facebook privé Tout le monde peut écrire - La tribu. Sinon, je suppose que ce sera disponible éventuellement en rediffusion sur YouTube.
  • J'ai aussi vu que les membres du groupe organisent parfois des retraites d'écriture, par exemple en louant un chalet pour les intéressés (ça m'intéresse!!!). C'est justement quelque chose que je recherche.
  • J'ai vu que Carl offre du coaching privé. Très, très intéressant........... Dans la vidéo S01/E01, justement, il montre rapidement plein de livres qui ont été publiés suite à son aide apportée à des auteurs. Il y en a beaucoup, c'est impressionnant.
Sinon, Carl m'indique qu'il va en dire plus au sujet des prochaines étapes à venir lors de l'atelier du 25 juin. Tout le mois de juin, il a offert des ateliers gratuits, mais il y aura éventuellement un volet payant à son offre de service. Je vous en dirai plus quand j'aurai eu toutes les informations. 

Voilà! Je tenais à vous faire part de cette initiative globale de Tout le monde peut écrire. À titre personnel, ce que Carl offre avec ce projet m'intéresse énormément. Je crois que ça répond à un besoin pour les auteurs : ceux qui débutent, ceux qui font ça depuis un bout mais qui cherchent leur chemin, ceux qui veulent s'inspirer, se développer, s'améliorer, élargir leurs horizons et leur vision.

À partager en grand nombre, pour que tous ceux qui s'intéressent à l'écriture puissent savoir que ça existe. Bravo Carl!